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En
tant que synthèse de l’hindouisme, le Védanta est la base
commune des différentes voies spirituelles. Il démontre l'unité
essentielle de toutes les religions, de toutes les pratiques
spirituelles, de tous les mysticismes, reconnaissant qu'ils
mènent tous à l’ultime Vérité. Aussi, pour lui, tous
les grands prophètes et instructeurs spirituels, sont des
manifestations de Brahman, la Divinité unique.
Par
cette complète tolérance, le Védanta n'essaie pas de convertir,
n'impose pas de dogmes, mais propose une base rationnelle et
scientifique pour les pratiques communes à toutes les religions et
voies menant à la réalisation de l’ultime transcendance.
En
tant que « Spéculation métaphysique » universelle, il
est indépendant des particularismes, des sectarismes, des races,
des nationalités ou des croyances particulières. Il nous laisse
tous libres de poursuivre notre recher-che de la libération selon
nos préférences et tendances personnelles.
Pratiquer
le Védanta c’est faire du «Yoga»,
terme générique pour nommer les diverses techniques par
lesquelles la « philosophie » védantique (faute
d’un meilleur mot, car ce n’est pas une philosophie) se
transforme en réalisation. Au cours des siècles plusieurs
formes de ces yogas sont apparues, avec toujours en optique,
la recherche de la réalisa-tion spirituelle finale.
L’objectif des ces différents Yogas, tous équivalents,
est d’offrir au disciple, la technique la plus appropriée
à son tempérament. L'éthique du Védanta est basée sur l'unité
de toute existence.
Il
insiste sur le fait que l'homme, en se pliant aux disciplines néces-saires,
peut réaliser la Vérité ultime, même dans cette vie-ci, ici et
maintenant. Différentes écoles au cours des siècles enseignèrent
le Vedanta.
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La plus célèbre et la plus influente fut celle de l’Advaïta
vedanta de Shankara
(788-820), école dite de la non-dualité. Shankara tenta de prouver
que l’enseignement des Upanishads était une logique en elle-même,
allant de soi. BRAHMAN est l’ultime réalité, le Soi final, qui
est pure conscience, et bonheur suprême. La Création est née de
Brahman, et dépend complète-ment de lui.
Le
critère de la réalité est l’immutabilité et la permanence.
Mais comme le monde est en constant changement, comme l’existence
n’est pas absolu, mais dépendant de Brahman, alors le monde est
appelé illusion ou Maya (impermanent). Brahman existe en tant qu’Absolu,
sans qualités (nirguna), mais aussi avec qualités (saguna) ;
il est le dieu personnel qui préside par dessus le monde des
apparences. Shankara divise les Vedas en deux parties : karmakanda,
consacrée aux devoirs
et rituels d’action, et jnanakanda
dévolue à la
connaissance de la Réalité.
Pour
Shankara, la libération spirituelle ne vient pas par les rituels,
mais par l’éradication de l’ignorance (avidya), que l’on peut
comprendre comme les illusions
multiples que notre monde nous fait prendre pour la réalité
absolue.
Krishna
montrant à Arjuna ses visages divins.
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S’opposant
à Shankara, le vishi-shtadvaita
de Ramanuja
(1017–1137) ne conçoit pas Brahman comme dépourvu de
qualités, mais plutôt comme possesseur de qualités divi-nes.
Le monde et les âmes indivi-duelles ne sont pas illusoires,
mais sont des réalités intrinsèques, même s’ils sont dépendants
de Brahman. Ramanuja était un adorateur du Dieu Vishnou, et
défenseur de la dévotion comme voie de libération
spirituelle. A sa suite, l’école dualiste ou dvaita-vedanta
de Madhava
(1197-1276) s’attaqua aux successeurs de Shankara, en défendant
le pluralisme comme point de base.
Cette
école soutint la permanence des réalités séparées de
notre monde, âmes et Dieu, identifié comme Vishnou.
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Ces
différentes tendances, souvent contradictoires sont des approches
variées menant à l’ultime but, la connaissance intime de Brahman,
prouvent la liberté théologique dont fait montre l’Hindouisme.
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