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L'Actualité spirituelle et Hindoue | |||||||
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ARCHIVES
Arizona,
1961, rencontre d'un étudiant en anthropologie de l'université de
Californie à Los Angeles, Carlos Castaneda et d'un Indien Yaqui de la
province de Sonora, nommé par Castaneda sous le pseudonyme de Don Juan.
Homme réel ? Présence d'un pouvoir
? Sorcier réincarné ? Inventeur d'un
prodigieux roman imaginaire ? On sait seulement de lui qu'il est un homme
de connaissance. Parti de la fascination du peyotl dont il croyait tout
savoir, Castaneda, accepté comme élève par Don Juan, va apprendre
comment s'apprivoise la racine Datura Inoxia : l'herbe du diable, quand on
oublie qu'on est un homme pour devenir un chien de lumière errant au
Mexique.
L'ART
DE REVER DE CARLOS CASTANEDA Au
delà du récit des visions qu'il procure, voyage halluciné ou transe
musicale, quel est donc ce rêve qui donne des pouvoirs ? Quelle en est la
nature ? En quoi diffère-t-il de nos rêves ordinaires ?
Les
sociétés chamaniques pratiquaient peu l'écriture. L'Autodafé de Cuzco
dura vingt jours, anéantissant les seuls documents qui auraient pu nous
éclairer. Grossière fraude selon certains, livres-culte pour d'autres,
les récits de l'initiation de Carlos Castaneda par un sorcier Yaqui du
Mexique constituent la plus célèbre tentative moderne de description du
mystère. Irrationnels, troublants, confus parfois, ils résonnent comme
ces rêves auxquels ils se réfèrent sans cesse. Comme
le récit d'un rêve, qui n'engage que ceux qui le font, ils nous
demandent de "croire sans croire", de baisser la garde
rationaliste que l'on oppose aux propos déroutants, ce que Castaneda
lui-même ne cesse de faire avant d'être entraîné dans des mondes
improbables. Car là est bien le but de don Juan, le sorcier initiateur.
Il s'agit d'entrer à l'intérieur du rêve, afin de visiter le
monde-autre, d'en ressortir puissant, libéré des illusions que les
perceptions conduisent à prendre pour l'unique réalité alors qu'elle
est seulement le fruit de leur consensus. Les hallucinogènes, en
modifiant ses perceptions, aident l'apprenti à se débarrasser de son moi
dont elles forment la base. La
"marche de pouvoir" et autres exercices servent à parvenir au
geste juste de l'artiste martial, à l'attention parfaite et lucide du
guerrier impeccable, seul capable de résister au danger des
mondes-autres. Parfois plongé en eux par don Juan, qui lui prodigue alors
des enseignements dont il reste inconscient, Castaneda acquiert peu à peu
le talent de Voir le vivant sous forme d'énergie consciente, boule
vibrante de fibres lumineuses dont la fixité du "point
d'assemblage" détermine la cohésion de nos perceptions dans l'éveil.
De légers flottements de ce point expliquent la fluctuation et l'étrangeté
de nos rêves ordinaires. Passer dans une réalité secondaire implique de
le déplacer hors de notre boule énergétique et s'obtient par une maîtrise
des rêves que Castaneda met des années à parfaire. Il lui faut sans
cesse en cultiver l'intention, non par un effort intellectuel de volonté
mais par un "faire sans faire", un silencieux message de détermination
qui fait penser aux conseils donnés à ceux qui ont du mal à se souvenir
des rêves. Se
présentent alors à lui les Portes de Rêver, qu'il doit franchir une à
une. Les Rêves qu'il fait alors sont habités par des "êtres inorganiques", éléments énergétiques conscients, opaques, en forme de fuseaux, de boules, de cloches ou de tigres à dents de sabre, et irrésistiblement attirés par l'énergie humaine. Les "esprits" du chamanisme primitif ? Don Juan ne donne pas la réponse, mais admet la nécessité de prendre comme allié le premier émissaire envoyé par eux, à condition de rester conscient et maître du contact, qu'il enjoint Castaneda de ne pas prolonger en raison de l'inévitable tribut énergétique exigé en échange des pouvoirs accordés. Fasciné et "accro" au voyage, Castaneda dédaigne ses conseils, s'affaiblissant inexorablement jusqu'au jour où, jouant sur sa pitié pour une fillette prisonnière, les êtres inorganiques réussissent à l'attirer lui aussi tout entier, corps physique inclus. Don Juan et ses partenaires sorciers parviennent à le ramener sur terre. Il met des mois à se remettre du choc d'avoir dû vérifier à ses dépens qu'il ne s'agit pas du monde des rêves ordinaires mais bien d'une autre réalité, ce que don Juan lui répètait depuis le début sans qu'il y croit vraiment.
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