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L'Actualité spirituelle et Hindoue | |||||||
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4/9
INTERVIEW DE CARLOS CASTANEDA
LE
MONDE DU NAGUAL Comment pourriez-vous nous décrire le monde du nagual actuel ? C'est le monde des sorciers dans lequel Don Juan nous a introduit. On ne peut pas vraiment le considérer comme un monde à part du quotidien, mais plutôt comme quelque chose de différent, une façon d'être. C'est un monde dans lequel, par exemple, donner sa parole est un acte définitif qui ne peut être annulé. Une promesse de cette nature est comme un document légal sans changement possible. Sur un plan plus abstrait, le monde du nagual est un monde où l'on perçoit des choses inhabituelles. Don Juan expliquait le surgissement des choses inhabituelles en disant que la condition requise essentielle, pour l'homme en général, est d'arriver au silence total. "Pour rompre le dialogue intérieur", disait-il, "il faut atteindre la façon d'être des sorciers, pénétrer dans un monde où les perceptions inconcevables sont le lot quotidien".
En
ce qui me concerne, je l'atteignis au bout de 15 minutes, en le trouvant,
par accumulation de silence. Le monde se transforma et j'arrivais à le
percevoir d'une manière indescriptible. Pour y arriver, la seule pratique
possible et à conseiller est la volonté, le désir intense d'y arriver,
pas à pas. Ce qui est difficile à admettre, c'est que personne ne
vous enseigne comment faire ces pas, ou nous prend par la main en
nous proposant de nous instruire à chaque moment. Don Juan disait que
l'essentiel était uniquement la volonté, propre à chacun d'entre nous,
d'arriver au silence. Qui fait partie du monde actuel du nagual ? Les
disciples de Don Juan: Carol Tiggs, Taisha Abelar et Florinda Donner-Grau.
Il y eut d'autres disciples indiens. Cependant, elles furent les seules à
arriver à l'état requis de silence total. Je sais qu'aux Etats-Unis et
en Amérique Latine, plusieurs personnes se déclarent elles-mêmes
disciples de Don Juan ou de nous-mêmes, mais ce qui est sûr, c'est que
nous n'avons pas d'élèves, que nous n'en avons jamais eu, non pas par
manque d'intérêt ou de désir de notre part, mais plutôt parce que
personne n'ose entreprendre et développer le changement d'habitudes et de
raisonnement, ni ne possède la discipline nécessaire pour accéder au
monde des sorciers. Ce monde n'est ni une fiction, ni une idéalisation.
C'est un état de changements, d'efforts, de faits radicaux. Don Juan ne
se définissait pas lui-même comme étant un sorcier ou un homme
spirituel, sinon comme un navigateur croisant sur les eaux inconcevables
de l'inconnu. "Pour naviguer sur cette mer", disait-il, "il
faut de la discipline, de la sagesse et un "cran" d'acier".
Vous paraissez prétendre qu'il faut avoir accumulé une quantité
suffisante d'énergie pour accéder à la sorcellerie, mais en ce domaine,
il semble que tout le monde ne possède pas à la naissance les mêmes
dons. Existe-t-il vraiment une telle possibilité pour tous ? Effectivement,
pour accéder au monde de Don Juan Matus, il faut posséder l'énergie
suffisante et vous êtes dans le vrai lorsque vous dites que tous les êtres
humains naissent inégalement doués pour cela. J'ajouterai, pour ma part,
que personne n'a l'énergie suffisante, nous avons tous pratiquement la même
possibilité. Il y a certainement des gens qui possèdent beaucoup plus d'énergie
que d'autres, mais cela leur sert uniquement à faire face aux besognes
quotidiennes. Une telle quantité d'énergie n'a aucune utilité lorsqu'il
s'agit d'accéder au monde des sorciers. En
effet, seuls peuvent y parvenir ceux qui ont une qualité d'énergie
particulière, résultant d'une discipline et d'une volonté de fer. Peut-être
est-il possible d'affronter le monde quotidien sans perdre d'énergie ?
Les sorciers comme Don Juan affirment que cela est possible ; ils disent
que les événements de la vie quotidienne ne sont désastreux pour nous
que si nous les faisons passer par le filtre de "l'importance
personnelle". Nous sommes si égocentriques et nous nous croyons si
importants que la moindre contrariété nous accable. Nous gaspillons
tellement d'énergie à vouloir présenter et défendre notre
"moi" à chaque instant, qu'il ne nous en reste plus lorsqu'il
s'agit d'affronter une quelconque adversité. Ce gaspillage est,
semble-t-il, inévitable car nous nous maintenons exclusivement sur le
chemin tracé par notre socialisation. Si nous osions changer de voie,
changer notre manière d'être, ne serait-ce qu'en supprimant l'impact de
"l'importance personnelle", nous arriverions là à quelque
chose d'inouïe: ne pas gaspiller notre énergie quotidienne et posséder
ainsi les conditions énergétiques qui nous permettraient de
"percevoir" beaucoup plus que ce que nous croyons.
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