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L'Actualité spirituelle et Hindoue | |||||||
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3/6
La guerre est vraiment née du sens séparateur de l'Ego.
Conscient de sa différence, la réalisant, l'être humain ne voit plus en l'autre que l'ennemi, le mur à abattre. "L'enfer c'est l'autre" disait Sartre.
Le manque du sens de la communion entraîne la fin de l'empathie entre les hommes, et la naissance de conflits issus d'incompréhensions.
La perte du sens du partage entraîne également l'indifférence sur la souffrance d'autrui. On peut tuer, faire du mal, torturer sans que cela ne nous affecte, étant dès lors en rupture de ban. La morale naturelle et évidente jusque là est perdue. Elle ne s'imposera un peu plus tard que par un acte guerrier, le seul que comprenne l'homme moderne, celle de la contrainte de l'autorité étatique. L'homme s'y soumet bien malgré lui, mais redevenant lui-même sitôt qu'il se croit en situation d'impunité. "L'homme naturellement bon" du philosophe Rousseau est bien mort avec le néolithique.
Remarquons que cette solitude de l'homme moderne, tout occupé par lui-même n'est pas sans conséquence sur son corps. Se heurtant à des insatisfactions, il se fragilise, s'infantilise et s'abrutit. Le bien être intérieur, le bonheur spontané des choses simples passe à l'extraversion.
On ne cherche plus la joie en nous-mêmes, mais dans des conquêtes et des possessions extérieures. Et on souffre, car à peine un désir est-il satisfait qu'un autre se lève pour prendre la place.
Nous sommes dans ce cycle infernal parce que nous avons transféré le pouvoir de nous mêmes à nos sens extérieurs changeants et artificiels.
Seul ce que nous voyons de nos yeux, touchons, goûtons, entendons et comprenons a de la valeur. Le reste n'est pas "entendu".
L'exemple de l'amour est très symptomatique.
Celui qui en aime un autre exige un sentiment identique en retour, car autrement, il sentirait une trahison. Nous pouvons dire alors que l'on n'aime pas pour aimer, mais que l'on aime pour être aimé.
Le sentiment même de l'amour est faussé par les sens extérieurs. On ne se fie plus qu'aux apparences pour construire son amour, quand ce n'est pas par intérêt pur.
La guerre extérieure, pour aussi violente qu'elle puisse être, n'est que la manifestation objective de notre drame intérieur collectif. En nous coupant de l'intérieur de nous-mêmes, nous avons coupé notre attache à nos sources et ressources.
L'Etre intérieur est étouffé jusque dans ses chambres les plus intimes. Nous projetons avec l'Ego de posséder l'univers de Purusha comme nous le fîmes pour le monde matériel de Prakriti.
En nous inventant des religions et des dieux adaptés à notre nouvel état, nous pensions bien être parvenus à tout maîtriser. Qui sont donc ces dieux de nos religions, si ce n'est encore des super Egos ? En voyant comment nous tuons au nom de ces dieux, nous pouvons très bien comprendre que la Vérité transcendante est perdue.
Notre besoin de tout gérer a su mystifier les vrais discours, le vrai vocabulaire, et les vraies démarches mystiques. Et si nous voulons nous réaliser, nous le voulons pour notre Ego, pour qu'il devienne absolu, tout puissant, certainement pas pour l'épanouissement de la transcendance en nous. Et il faut du temps, beaucoup de temps et d'efforts pour ne serait-ce qu'apprendre à désapprendre ces conditionnements egotiques, avant d'envisager une sérieuse démarche de redécouverte de notre être inté-rieur.
L'homme égotique veut bien de la spiritualité, à condition que cela ne le trouble pas, ni ne le force à remettre en questions les bonnes habitudes acquises depuis près de 4.000 ans, et transmises karmiquement de génération en génération.
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