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L'Actualité spirituelle et Hindoue | |||||||
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Comme
cette façon de faire n'a rien à voir avec des exercices psycho-logiques,
comme la psychanalyse par exemple, revivre les expériences vécues
implique d'utiliser l'énergie que l'on a déjà dépensée. Et comment pouvons-nous savoir que la récapitulation est
correctement réalisée ? Les
résultats, incidents mais concrets, sont une augmentation de l'énergie
et un état de bien-être. La présence de ces deux sensations est un
indice prouvant que la récapitulation s'effectue de manière correcte.
Dans votre dernier livre, "L'Art du Rêve", vous décrivez
spécialement ce que vous-même appelez la "Seconde Attention"
comme étant un monde féroce plein de dangers et de pièges qui n'a rien
à voir avec les récits d'un monde placide et heureux dont nous parlent
les autres traditions. A quoi sont dues ces différences ? Pourquoi les
connaissances de votre lignée sont-elles si différentes de celles
provenant d'autres sources ? Ce
que les sorciers appellent "Seconde Attention" est réellement
un monde plein de dangers et de pièges, mais ces derniers sont les mêmes
que ceux de notre monde. Et il est certain que la "Seconde
Attention" n'a rien à voir avec un univers placide et heureux. Don
Juan expliquait cette divergence en disant que le monde des sorciers est
un monde vivant, concret et réel, dans lequel on peut pénétrer
totalement. Il disait aussi que le monde des mystiques est un monde fait
de "lueurs" de l'inconnu, un monde mort, imaginaire qui n'a rien
à voir avec la réalité de la lutte et l'incessant changement d'un monde
vivant et réel. Comme je vous l'ai déjà dit, Don Juan considérait que
les sorciers étaient des navigateurs qui croisaient sur la mer de
l'inconnu. Je crus, au début, qu'il s'agissait d'une métaphore poétique,
mais par la suite, je me rendis compte que c'était une description phénoménologique
d'une façon d'être. Don Juan disait qu'il était impossible que l'homme
occidental soit simpliste au point de croire aux "com-plaisances"
mystiques de ceux qui n'avaient jamais navigué dans l'inconnu que délibérément
et par entière préméditation. Récemment, Florinda Donner-Grau et Taisha Abelar ont publié des
livres sur leur propre apprentissage avec Don Juan. Y a-t-il un motif qui
justifie leur décision de rompre le silence ? Toutes
les deux ont décidé d'écrire à propos de leurs expériences sur le
"chemin du guerrier" après le retour de Carol Tiggs qui fut
absente pendant 10 ans. Le fait qu'elle revienne parmi nous, causa un
changement radical dans la perspective tracée par Don Juan, et notre
isolement imposé par ce dernier, se transforma en son contraire. A cause
de ce changement, les 3 disciples de Don Juan, Florinda Donner, Taisha
Abelar et Carol Tiggs acquirent une importance démesurée pour les paramètres
du monde des sorciers. En vertu de leur propre impeccabilité, elles
devinrent les représentantes authentiques de ce dernier. Elles se posèrent
elles-mêmes la question de savoir si elles allaient écrire à propos de
leur apprentissage, chose que je trouve extraordinairement appropriée,
car personne d'autre qu'elles ne pourrait rendre compte aussi exactement
de la complexité de Don Juan en tant que maître magistral. Qu'est-il advenu du reste des apprentis qui nous étaient devenus
familiers par l'intermédiaire de vos livres ? Continuez-vous d'avoir, de
quelque manière, des liens avec eux ? Ils
ne sont plus avec nous pour une raison très simple : ils ne peuvent pas
satisfaire mes exigences académiques. Il était nécessaire que les
apprentis s'adaptent au tempérament du nouveau nagual, ce qui dans mon
cas signifiait avoir un rendez-vous avec la connaissance.
Parlez-nous donc de cette mort alternative des sorciers. Devons-nous
la prendre pour une métaphore ou pour un fait réel ? Désirez-vous,
vous-même et votre groupe, l'atteindre ? Permettez-moi de préciser que nous ne formons pas un groupe. Chacun d'entre nous, étudiants du savoir de Don Juan, est un individu isolé. Ce qui nous unit, c'est notre but d'atteindre la liberté, mais ce n'est pas un motif suffisant pour faire de nous un groupe cohérent. Se consumer dans le feu intérieur est une alternative à la mort physique ; ce n'est pas une métaphore, mais bien un fait réel, quoiqu'incompréhensible. Don Juan expliquait le jeu interne comme étant une condition de tension énergétique créée par le fait de se rallier au désir de suivre les prémisses du sentier du guerrier. Cette tension physique provoque une explosion énergétique qui transforme chaque cellule de l'être vivant en une "conscience d'être", c'est-à-dire en énergie pure. Bien sûr que nous, tous ses étudiants, nous désirons arriver à cet état final Don Juan l'appelait la liberté totale, parce que, pour lui, cet état supposait la perception de l'univers qui nous entoure, libérée de toute interprétation basée sur notre socialisation et sur notre langage. Don Juan voulait la liberté. A-t-il atteint son but ? Don Juan affirmait que mourir comme meurent les sorciers, c'est amener la conscience d'être à un niveau incompréhensible pour l'esprit linéaire. Mourir consumé par le feu intérieur équivaut à transformer tout notre être physique en conscience d'être. Don Juan est mort ainsi et ce faisant, il a atteint ce que les sorciers appellent la liberté totale. La conscience d'être, accrue par l'apport de notre partie physique, atteint des niveaux indescriptibles. La liberté pour les sorciers, c'est la liberté de "percevoir" comme des êtres entiers et non comme des hommes: des singes enchaînés par la socialisation et le langage. Où s'en est allé Don Juan, s'il est possible de décrire l'endroit ? Carol Tiggs et Florinda Donner-Grau assurent qu'elles ont une relation de savoir avec Don Juan. Elles pensent que lui et le reste des sorciers qui l'accompagnent se sont fait attraper dans l'un des états du monde, dans ce que les sorciers appellent les "pelures d'oignons". Elles affirment que Don Juan n'a pas pu s'échapper de l'univers jumeau du nôtre, l'univers des êtres inorganiques, pour la simple raison que si lui-même était un homme abstrait, son groupe était formé de pratiquants bien concrets. Elles disent que si le degré d'abstraction de ces derniers avait été plus élevé, le jaillissement de la conscience d'être de tous ceux-ci aurait eu une portée plus grande. Peut-être que la conscience d'être de Don Juan est restée "coincée" quelque part dans un lieu où il ne désirait pas arriver, en état non-approprié a son tempérament. Quoiqu'il en soit, un nagual est capable de modifier les situations en fonction de nombreuses circonstances. Personnellement, je crois que la seule chose qui existe pour le nagual c'est la lutte. Un nagual conçoit qu'il est là où il est parce que c'est précisément là qu'il doit être et c'est à partir de là qu'il continue son chemin.
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